AZ Challenge – Lettre S

Lettre S
S comme Sénateur
Joseph Pierre Jules Auber
1867 – 1928

Jules (ou l’oncle Jules de La Réunion) c’est la personne de la branche AUBER sur laquelle j’ai le plus d’informations, vu sa vie professionnelle et politique, et curieusement, je trouve que c’est très difficile d’écrire sur lui car cela a déjà été fait et bien. Je vais donc transmettre sa biographie extraite du Dictionnaire des Parlementaires Français, ainsi qu’une compilation
(très résumée) de deux articles (article de Clicanoo écrit le 1er Janvier 2005 et Les personnages Célèbres de la Réunion paru sur le site. Http//www.mi-aime-a-ou.com/jules_auber.php.).

Le grand-oncle Jules étant mort depuis bien longtemps quand j’étais enfant, je n’ai de souvenirs que de vagues conversations autour de la table de ma grand-mère, pour laquelle le fait d’armes de l’oncle Jules était son mariage avec ‘’ une Patu de Rosemont ‘’ argument implacable qui transcendait toutes ses autres activités, pourtant impressionnantes déclenchant des fous rires hystériques chez mes parents. Par contre, je me souviens très bien de son unique descendante, Marie Claire Christiane, rebaptisée Tante Christiane, personnage irrésistible et drôle, ayant une passion du jeu et spécialement du Poker, qui l’a conduite à la ruine et à passer ses dernières années dans une chambre de bonne que lui prêtait une autre tante (Branche Fruteau). La dernière fois que je l’ai vue, ce devait être en 1983, cinq ans avant sa mort ; elle jouait au poker avec ma grand-mère avec des pièces de 20 centimes. Elle marchait en chaussons, trainant son panier en guise de sac a main, mais n’avait perdu ni sa tête, ni sa verve. Un des dernières choses qu’elle m’ait dite ‘’ Toi, tu es bien trop rigolote pour être une Auber ‘’ Et boum. Cadrée.

Jules Auber

Mais revenons à l’oncle Jules dont la photo me donne toujours un petit pincement au cœur car mon père lui ressemblait comme deux gouttes d’eau, surtout le regard sous les paupières un peu lourdes et cet air doux et un peu hors du temps.

Jules Auber est né le 29 Avril 1867 à Saint Paul de la Réunion, de Marie Jacques Pierre Auber et de Clémentine Marie Josèphe de Guigné.
(Dans la descendance de la branche De Guigné, on trouve la Vénérable Anne De Guigne, née le 25 Avril 1911 et décédée le 14 janvier 1922).

Il est baptisé le 15 Juin 1867. Après sa scolarité, il se rend en France pour effectuer ses études de médecine et de pharmacien de 1ere classe. Il publie sa thèse, La cocaïne en chirurgie en 1892.

Cocaine en chirurgie
Photo du document sur ABEBooks et resume de la  thèse ci-dessous.

‘’Édition originale en librairie de la thèse de doctorat en médecine de l’auteur, inspirée par son maître Reclus et présidée par Tillaux. Cette thèse préfigure les ouvrages de Reclus qui paraîtront en 1895 et en 1903. Les dangers de la cocaïne avaient été dénoncés par plusieurs chirurgiens. Après un rappel historique, Auber fait une étude critique de ces complications liées à l’anesthésie à la cocaïne, en particulier des 16 cas “d’empoisonnements mortels” rapportés dans la littérature (il montre en particulier que les doses étaient le plus souvent excessives). Il expose ensuite le manuel opératoire puis rapporte 90 observations sous forme de tableaux. La bibliographie occupe les pages 85-88. Auber estime que la cocaïne est un “excellent analgésique local” mais que “son mode d’emploi réclame un certain nombre de précautions” [quant à la dose, le titre, le siège et la technique d’injection, la position du patient,] qui sont de la plus haute importance. cf. M. Th. Cousin, L’Anesthésie en France, p. 205 : “Reclus dirigea les thèses de Delbosc en 1889 et de Auber en 1892, qui examinèrent dans le détail les circonstances des 18 cas mortels rapportés : sauf dans trois cas, les doses avaient été exagérées. On peut se demander si, dans les 3 cas où la dose n’avait pas excédé 6 centigrammes, l’injection n’avait pas été accidentellement intraveineuse.”

La Leproserie de Saint-Bernard

La Leproserie de Saint-Bernard

A son retour, il s’installe rue de l’église à Saint Denis et il est nommé directeur du service de santé et d’hygiène de sa ville natale. Orienté vers la clientèle populaire et démunie, il organise des consultations gratuites quotidiennes, En 1896, il épouse Camille Patu de Rosemont (1872-1957) à Saint Denis. (Dans l’ascendance de la branche Patu de Rosemont, on retrouve Aristide Désire Marie Joseph Patu De Rosemont, homme politique.)
La Cathedrale de Saint Denis
La Cathedrale de Saint Denis

Jules Auber se lance ensuite dans la politique. En 1904, il démarre avec les élections municipales de Saint Denis, se présentant sous l’étiquette radical-socialiste contre Lecoq du Terte, le maire sortant. Il est élu et ce mandat est le début d’une carrière politique  qui lui fera connaitre toutes les fonctions électives (maire, député, président du conseil général et sénateur de la Réunion). Réagissant en docteur, sa première préoccupation est  d’assainir la situation sanitaire suite au cyclone désastreux de 1904.  Pendant son mandat de maire, il montre des idées ouvertes au monde et audacieuses pour l’époque telle la création de la première mosquée de l’ile en 1905 dans la principale rue commerçante (future rue Marechal Leclerc) et l’arrivée du câble sous-marin le 13 Octobre 1906.  Elu député le 11 Juin 1905, Jules Auber ne se représente pas aux législatives du 27 mai 1906.  Blessé par une pierre dans une campagne électorale violente  il laisse la voie à son adversaire  M Gasparin, resté seul en liste.

Il met alors la politique de côté et retrouve son cabinet médical pour une longue traversée du désert. Il fonde le journal ‘’ La Dépêche ‘’pour défendre ses idées. Aux élections sénatoriales de 1908, il est battu toujours sous l’étiquette radical-socialiste. Le 20 Juillet 1909, il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur. Il retrouve peu après un siège de conseiller général de Saint Benoit et redeviendra maire  de Saint-Denis en décembre 1919. Le 18 Janvier 1920, il est élu sénateur de la Réunion dans une élection partielle et  rejoint le Palais du Luxembourg. Affilié au groupe de la gauche démocratique, principalement attache aux intérêts coloniaux, il entreprend en 1920 de démontrer l’urgence de donner un statut aux magistrats coloniaux. Il se représente au renouvellement normal du 9 janvier 1921 et il est réélu. Il intervient dans la discussion du projet de loi sur les services maritimes postaux et demande qu’on laisse aux colonies plus de liberté dans l’emploi de leurs ressources. Il siège notamment à la Commission des douanes et des conventions commerciales au nom de laquelle il dépose un grand nombre de rapports. Radical-socialiste. Il meurt en 1928 sans son appartement du boulevard Saint Michel. Il est inhume au cimetière du Père Lachaise. Paul Doumer, président du Senat prononce son éloge funèbre a la séance du 7 Juin 1928.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)’’
‘’Paris le 5 juin 1928.

”Député de la Réunion de 1905 à 1906. Sénateur de la Réunion de 1920 à 1928.

Issu d’une famille créole de la vieille île Bourbon, Joseph Auber fit ses études en France. Successivement interne des hôpitaux de Paris, docteur en médecine, pharmacien de 1re classe, il fut nommé directeur du service de santé et d’hygiène de sa ville natale.

Maire en 1904 de la ville de Saint-Denis, conseiller général et président du conseil général, il fut élu le 11 juin 1905 Député de la 1re circonscription de la Réunion, à une élection partielle, en remplacement de M. Louis Brunet, élu Sénateur. Inscrit au groupe radical-socialiste, il demanda au cours de la discussion du budget des Colonies en 1906, la création d’une section de médecine à l’Ecole coloniale, et plaida en faveur du budget local de la Réunion. Il ne se représenta pas aux élections générales de 1906.

Ce n’est qu’en 1920 qu’il reprit une activité politique en se faisant élire Sénateur de la Réunion à une élection partielle, le 18 janvier, en remplacement de M. Félix Crépin, décédé; il fut réélu au renouvellement normal du 9 janvier 1921. Affilié au groupe de la gauche démocratique, principalement attaché aux intérêts coloniaux, il entreprit en 1920 de démontrer l’urgence de donner un statut aux magistrats coloniaux. Il intervenait l’année suivante dans la discussion du projet de loi sur les services maritimes postaux et demandait qu’on laissât aux colonies plus de liberté dans l’emploi de leurs ressources. Il siégeait notamment à la Commission des douanes et des conventions commerciales, au nom de laquelle il déposa un grand nombre de rapports.

Il mourut dans l’exercice de son mandat, le 5 juin 1928 dans son appartement du boulevard Saint-Michel et fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise.Paul Doumer, Président du Sénat prononça son éloge funèbre à la séance du 7 juin 1928.

On lui doit divers travaux scientifiques, notamment sur : L’emploi de la cocaïne en chirurgie; Le traitement de la lèpre; L’épidémie de peste en 1900; Bourbon sanatorium, etc. ”