AZ Challenge – Lettre E

Lettre E
E comme Emile (CAPDECOUME)

En souvenir d’un arrière-grand-père que je n’ai jamais connu et dont personne ne parlait vraiment. Alors je le remets un peu sur le devant de la scène avec les quelques bribes d’information que j’ai pu retrouver parce que je pense qu’Emile mérite mieux que l’oubli.

Emile, c’est probablement un de mes préférés sur la banche directe avec Hypolite (Hubert).
Emile,  je n’ai aucune idée de son physique, de ses manières, de sa voix, bien que venant de Tarbes, il devait gaillardement rouler les R et avoir un bon accent caillouteux. J’ai une  seule photo et je ne sais pas vraiment si c’est lui mais j’aime à le penser.

Emile Capdecoume

Petit, rondouillard, le béret vissé sur la tête et il a l’air de profiter du moment au maximum.  Il est à côté de son gendre et de sa fille, probablement à Roncevaux, car l’envers de la photo  (datée du 20 Aout 1931) porte cette remarque : ‘’ L’âme du grand Roland ne s’en consolera jamais !!!).Je me souviens bien de mon arrière-grand-mère, qui fut institutrice à Semeac, puis Directrice d’école à Tarbes, mais rideau complet sur Emile. Et puis il y a toutes les histoires brodées ou vraies. D’après les murmures, le soir à Maubourguet, quand les parents prenaient l’apéritif, ou au détour d’une conversation chuchotée, il semblerait qu’Emile ait eu un petit problème avec la divine bouteille. Mais, bon, comme je n’étais pas là pour le voir, je lui donne le bénéfice du doute.

Sur ses papiers militaires, par contre, Emile existe bien et il n’est pas grand l’aïeul ; 1m62 tout mouillé sur sa fiche descriptive ; signalement si ordinaire que j’en pleurerais presque : cheveux et sourcils châtains, yeux châtains, front ordinaire, nez moyen, menton rond, visage ovale. Quelle tristesse ! Il devait bien avoir quelque chose de plus, un charme inné peut-être, une envie de vivre, de l’humour, qui sait ? Et puis, il a su capter l’amour de Louise Marie Nathalie, l’institutrice sérieuse, qui me faisait faire mes devoirs de vacances à la baguette, donc talents cachés à nos yeux.

Emile est né à Tarbes le 16 Juin 1870 de père inconnu et de Marie (Magdeleine) Capdecoume. marchande de rouenneries (tissus en coton peints de couleurs vives fabriqués à Rouen), née a Trie sur Baîse. Son acte de naissance porte bien le nom de sa mère, mais curieusement elle le reconnait seulement  dans un acte d’état-civil le 2 Juillet 1886. Il a donc 16 ans et pourquoi a-t-il eu besoin d’un acte officiel ? Mystère.

Il va très  probablement à l’école et il étudie puisqu’il finira ingénieur des Travaux publics de l’État, après avoir été commis des Ponts et Chaussées , montant tous les échelons de la profession. Engagé volontaire en 1890, il passe dans la réserve active en 1893. Et il fait son petit bonhomme de chemin puisqu’il est nommé Maréchal des Logis de réserve en 1896. Quand la guerre se déclare  il est appelé sous les drapeaux et il fera les quatre ans de guerre de Novembre 1914 à Décembre 1918, détaché d’aviation. Ma grand-mère avait 13 ans lorsqu’il a été  appelé et 17 ans quand il est revenu et je ne me souviens pas avoir entendu un mot sur cette époque.

J’ai aussi retrouvé à Tarbes un Dominique Capdecoume qui habitait non loin de Magdeleine, aussi originaire de Trie. Il est plus âgé, né en 1819. Sont-ils cousins ? C’est possible. Dominique est Capitaine dans l’armée et sera décoré de la Légion d’honneur le 22 Décembre 1866. A-t-il aidé Emile et sa mère financièrement pour son éducation. Lui a t – il servi de père adoptif ? Autant de questions qui resteront sans réponses. Et c’est là que je regrette vivement de n’avoir pas posé plus de questions !

Sources :
Archives en ligne de Tarbes
Geneanet
Gallica